Discours | 33ème Congrès de l’Association Nationale des Etudiants en STAPS

33ème CONGRES DE L’ASSOCIATION

NATIONALE DES ETUDIANTS EN STAPS

Monsieur le préfet,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le président de l’université de Reims,

Mesdames et Messieurs les doyens des UFR STAPS,

Mesdames et Messieurs,

photo staps

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Vous êtes près de 250 étudiants en STAPS, de toute la France, à participer à ces journées.

C’est dire toute l’importance de ce 33ème congrès de l’ANESTAPS.

Vos débats et vos échanges ont été riches.

Le programme de vos journées s’inscrit au cœur des enjeux actuels, avec en particulier la table ronde qui va suivre sur le thème de «la place du sport dans les politiques régionales».

J’ai répondu très favorablement à votre invitation et je suis ravi d’être parmi vous aujourd’hui pour plusieurs raisons :

– Tout d’abord pour échanger avec vous qui aujourd’hui et demain contribuerez par vos métiers à inscrire le sport au cœur des enjeux économiques et au plus près des questions sociales.

Vous qui faites vivre le sport, qui contribuez à sa performance, vous qui transmettez les valeurs citoyennes du sport.

Vous qui arrivez à conjuguer passion et engagement.

Je vous présenterai le plan citoyens du sport que je porte et qui pourra nourrir vos échanges à ce sujet (1);

– Une autre raison de ma présence, c’est de vouloir mettre l’accent sur la continuité éducative dans les faits, pour créer de nouvelles passerelles entre le temps scolaire et universitaire et entre les acteurs, il est indispensable que les deux ministères des sports et de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche travaillent de concert.

C’est le cas sur nombre de sujets dont le sujet des formations.

Nous sommes conscients que la filière STAPS au sein des universités attire de plus en plus de jeunes.

Cette année, les effectifs à l’entrée en licence ont augmenté de 18%.

Ce n’est pas la seule filière qui se retrouve ainsi en tension.

C’est pourquoi, la Ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem et le Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et la Recherche Thierry Mandon, ont annoncé qu’une série d’actions visant à améliorer la qualité de l’entrée dans l’enseignement supérieur sera prochainement proposée avec une attention particulière pour la filière STAPS.

Depuis près de 2 ans, nous travaillons à l’amélioration de la lisibilité des formations aux métiers du sport.

Nous allons les renforcer dans nos actions communes (2).

Dans le champ du sport, de nouveaux défis sont à relever : il s’agit d’aller plus loin pour conjuguer sport et citoyenneté.

Les dramatiques événements survenus en France en janvier 2015 ont montré combien le vivre ensemble, la cohésion sociale et nationale doivent constituer des valeurs à préserver mais aussi à renforcer.

Le comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté (CIEC), organisé le 6 mars dernier, sous la présidence du Premier Ministre, a adopté des mesures fortes pour développer les valeurs républicaines face à ces événements.

A l’issue de ce comité interministériel le Premier ministre a rappelé le rôle essentiel du sport comme l’un des principaux vecteurs de lien social.

Le sport, je le dis souvent, c’est une école de la vie.

Le sport, au même titre que la culture, a ainsi été défini comme un outil d’intégration majeur.

Dans le plan «Citoyens du sport», que je porte, le sport est clairement au service de la citoyenneté.

Il est un formidable outil éducatif, un outil indéniable de mixité sociale et les événements sportifs, dont les sportifs eux-mêmes sont les ambassadeurs, sont autant d’opportunités de mettre en valeur cette identité commune.

 

En renforçant l’accès des jeunes, qui en sont le plus éloignés, à la pratique sportive, en leur permettant une pratique éducative, régulière et encadrée au sein des clubs sportifs, le plan «Citoyens du sport» favorise l’éducation des plus jeunes et contribue à la mixité sociale.

Il est le fruit d’une démarche concertée avec le mouvement sportif et les collectivités locales.

Il s’inscrit dans un objectif de continuité éducative avec le temps scolaire.

Je sillonne depuis plusieurs semaines tous les territoires pour porter, intensifier ces mesures dans les quartiers prioritaires de la ville et les zones rurales.

Ces mesures contribuent à la professionnalisation des clubs.

Par une pratique encadrée, avec des professionnels formés, dans des associations structurées, le sport peut redonner un cadre et promouvoir un comportement citoyen.

Au total, 1400 emplois sont financés par l’Etat dans les quartiers prioritaires ville d’ici 2017 pour développer l’offre sportive et favoriser la pratique de tous.

Trop d’enfants sont encore éloignés des pratiques sportives.

Le dispositif «j’apprends à nager» part de ce constat: la moitié des enfants entrant en 6ème ne savent pas nager.

Or, l’apprentissage de la natation est aussi un vecteur de liberté, de citoyenneté.

Le Premier Ministre a été clair : un enfant doit, en entrant en 6ème, savoir lire, écrire, compter et nager.

Avec l’appui du ministère de l’éducation nationale, nous recensons les enfants qui n’ont pas pu apprendre à nager avant le collège.

Je soutiens ainsi des projets d’apprentissage de la natation portés par les clubs, les ligues, les comités mais aussi par les collectivités.

1M€ a été débloqué pour aider ces actions et offrir aux jeunes des cours gratuits.

J’ai aussi demandé, en parallèle, aux fédérations sportives, de présenter elles-mêmes un plan fédéral «citoyens du sport» pour 2016, qui devra inclure notamment leurs projets pour former leurs cadres aux questions de citoyenneté.

Mais surtout, pour permettre d’élargir l’offre sportive dans les quartiers populaires. Il existe trop d’endroits où un seul sport est proposé aux jeunes.

Vous le voyez ce plan mobilise tous les acteurs, les fédérations, les réseaux associatifs, les professionnels, les bénévoles, les territoires urbains et locaux, le sport de haut niveau et le sport pour tous…

Je sais que vous aussi dans vos engagements bénévoles, dans les formations universitaires que vous suivez, dans vos métiers présents ou à venir, vous contribuer à ces politiques sportives et vous partagez ces valeurs citoyennes du sport.

C’est aussi une des raisons de ma présence parmi vous aujourd’hui. Nous partageons une passion commune du sport.

C’est pourquoi, et ce sera l’objet de mon second point, je tiens ici à réaffirmer ma volonté, et celle de l’enseignement supérieur, d’une plus grande lisibilité des formations dans le champ du sport, entre la formation initiale universitaire avec la filière STAPS et la formation professionnelle continue portée par le ministère des sports.

A cet effet, à l’issue d’une mission d’inspection générale, j’ai souhaité mettre en place un plan d’action pour le développement des métiers du sport avec deux objectifs :

– rendre plus cohérentes et lisibles les formations aux métiers du sport

– encourager le recours aux emplois qualifiés dans la branche du sport en renforçant l’attractivité des métiers,

– Les métiers du sport s’inscrivent au cœur des enjeux de notre société

La bataille pour l’emploi est une priorité gouvernementale.

La formation, la qualification sont le meilleur rempart contre le chômage.

Et précisément, l’emploi dans le secteur du sport et de l’animation, se développe plutôt mieux que dans d’autres secteurs.

Le sport c’est plus de 226 000 emplois selon les statistiques de 2011, dont plus de 55% dans le secteur privé dont une part importante dans le secteur marchand.

Plus important peut être, une récente étude prospective de la DARES et de France Stratégie considère, qu’à l’horizon 2022, l’emploi dans ces domaines devrait s’accroitre de 1,1% par an.

Soit de manière plus importante que pour la moyenne d’ensemble des métiers. Ainsi de 1993 à 2009, les effectifs salariés en France, ont augmenté de 1,2%, alors que les effectifs salariés du secteur sport ont augmenté de 3,4 %.

Au côté du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche pour la formation initiale universitaire, le ministère des sports s’inscrit dans une démarche de formation et de certification qui relève de la formation professionnelle.

C’est sa spécificité

Dans le secteur du sport comme dans de nombreux secteurs professionnels, les certificateurs sont pluriels (les organismes de formation des fédérations pour les titres, les branches professionnelles pour les CQP, et l’Etat avec les universités et mon ministère).

Il s’agit de trouver plus de cohérence et de lisibilité pour permettre à chacun de trouver la qualification la plus adaptée à son parcours, pour que chaque employeur trouve le professionnel qui réponde le mieux à la diversité des publics à satisfaire.

 

J’ai rappelé ces enjeux lors de l’ouverture des assises des métiers du sport et de l’animation qui se sont tenues au CREPS PACA, les 14 et 15 septembre.

Ces assises ont été organisées en collaboration avec les branches professionnelles du sport et de l’animation, l’association de régions de France et le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’ANESTAPS a également pleinement participé à ces assises.

 

Le dispositif de formation professionnelle que je porte est fondé sur l’évaluation de compétences professionnelles, avec une place centrale pour l’alternance et sans condition préalable de niveau de formation initiale.

 

Ces principes permettent des parcours prenant en compte des trajectoires atypiques : les parcours de sportif mais aussi ceux qui malgré un parcours scolaire non linéaire, ont une motivation réelle pour les métiers du sport.

C’est le sens de la «formation professionnelle tout au long de la vie».

 

Je le rappelle, et j’y suis très attaché. Le système de formation du ministère chargé des sports et celui de l’Enseignement supérieur ne s’opposent pas.

Ils se complètent.

L’un vise la formation initiale, l’autre la formation professionnelle continue.

Nous devons tous veiller à cette cohérence.

Il convient de développer les initiatives pour une meilleure information et orientation des jeunes en fonction de leur trajectoire et de leur projet.

 

Nous devons permettre des passerelles entre les deux systèmes de formation pour que chaque parcours débouche sur l’obtention d’un diplôme et l’accès à un emploi dans un secteur qui reste dynamique et porteur d’emploi et d’enjeux.

Des partenariats se développent dans les territoires entre des universités et des CREPS (par exemple en Midi-Pyrénées, en Rhône-Alpes).

Je souhaite que ces expérimentations se généralisent.

 

Par ailleurs, pour faciliter la délivrance des cartes professionnelles d’éducateurs sportifs aux diplômés STAPS (comme le prévoit le code du sport), la direction de l’enseignement supérieur et la direction des sports vont cosigner très prochainement une circulaire destinée aux universités et aux directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale.

C’est une première.

Elle témoigne concrètement du travail renforcé entre les deux ministères :

Les intitulés des licences STAPS, conformément à la nouvelle nomenclature de l’enseignement supérieur, seront mis à jour.

Les exigences administratives pour la délivrance de la carte professionnelle en seront ainsi simplifiées.

 

Concernant la lisibilité des formations, plusieurs actions sont déjà engagées :

 

– Le renforcement du travail coordonné et concerté avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche à travers le comité de concertation qui se réunit régulièrement.

 

Comme vous le savez, une convention a été signée par les ministres chargées de l’enseignement supérieur et de la jeunesse et des sports, le 10 juillet 2013, avec la mise en place d’un comité de concertation réunissant les deux ministères et les partenaires (branches, mouvement sportif, associations professionnelles et d’étudiants).

L’ANESTAPS en est membre.

 

J’ai demandé, lors de la dernière réunion du comité de concertation, le 16 octobre dernier, que deux groupes de travail se réunissent très vite pour répondre à deux demandes que vous portez plus particulièrement.

 

Le calendrier en sera le suivant :

  • Un groupe de travail se réunira en novembre sur la comparabilité des compétences.

Vous avez souligné l’importance d’un travail sur les compétences des diplômes STAPS et des diplômes du ministère des sports.

Il s’agit d’identifier de façon claire les niveaux d’intervention professionnelle.

Ce travail sera piloté par la direction générale de l’enseignement supérieur.

 

  • Un groupe de travail sur l’observation des métiers se réunira également en novembre, conduit par la direction des sports, avec l’ensemble des acteurs concernés.

Il vise à mieux adapter les diplômes à l’emploi. J’attends beaucoup des travaux d’observation qui vont s’engager.

 

Je m’y engage : L’ANESTAPS aura toute sa place dans cette réflexion.

 

Vous le voyez notre préoccupation quasi quotidienne est d’améliorer l’adéquation emploi-formation et la cohérence des formations.

Les acteurs de la formation sont multiples.

La concertation est indispensable.

Nous devons développer plus avant le travail en commun pour que chaque jeune puisse être orienté vers un parcours de formation adapté.

 

Dans un moment où les métiers du sport sont appelés à concourir plus encore aux enjeux de citoyenneté, nous nous devons de mutualiser nos compétences spécifiques et respectives.

 

Je vous remercie de votre attention.